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Nous avons rencontré Joris Tissot, fraîchement revenu d’Irlande. Une personnalité complexe et mystérieuse mais également intrigante. D’une main de maître et avec un esprit ouvert sur le monde et ses problématiques, il travaille sur des sujets qui ont du sens. Provocateur, agitateur, il joue avec la finesse des détails et interroge le public sur des thématiques oubliées et des sujets qu’on qualifiera de « tabous ». Comme il le dit si bien, Joris met « la forme au service du fond » et pose les bonnes questions !

Originaire du Jura, Joris Tissot a rejoint les terres alsaciennes l’âge de 8 ans. Après quelques années passées à Mulhouse, c’est sur la route de Strasbourg qu’il s’est dirigé pour ses études supérieures. C’est au cours de sa formation en Histoire de l’Art et Archéologie à l’Université de Strasbourg qu’il s’est initié à certains courants artistiques qui l’ont guidé et inspiré. Parmi eux, les peintures italiennes de la Renaissance et le surréalisme classique. Deux domaines avec lesquels il joue pour véhiculer des actualités et thématiques qui ont du sens, mais aussi qui lui tiennent à cœur.

La couv’ vue par l’artiste :
« Alors, la couverture de Coze ce mois-ci c’est un petit dessin que j’intitulerais “La passion de l’artiste”. Comme le Christ fût percé d’une lance et mort de cette blessure, ça serait comme le dessin transpercé d’une plaie numérique, que pourraient être les médias, l’art graphique ou les réseaux sociaux. J’espère que la couverture vous a plu et bonne lecture ! »

Son travail
Joris s’est initié dès le plus jeune âge à l’Art et a trouvé une échappatoire dans ce domaine. Avec un réel attrait pour l’histoire de la Renaissance et un fort intérêt pour les techniques utilisées à cette époque, Joris a passé de nombreuses heures à reproduire, quasiment parfaitement, les tableaux de grands maîtres, alors qu’il était encore qu’un enfant. Avec l’âge, il s’est ouvert à d’autres courants, notamment le surréalisme, attiré par le travail de Dali. Au fur et à mesure, s’est construit un besoin de donner du sens à ces productions. Joris a commencé à travailler sur des sujets qui lui semblaient importants, dans le but d’interpeller son public. L’art lui a permis de communiquer sur des thèmes qui sont trop peu abordés mais surtout de dénoncer l’hypocrisie et les tabous autour de certains faits d’actualité : l’intimité, notamment à travers la sexualité des jeunes, la maltraitance, la religion, etc. Il se retrouve dans les messages véhiculés par le rap, un style musical qui cible les bons sujets, où les artistes abordent leur vécu et offre une liberté d’expression sans faux semblants.

C’est sa participation à l’exposition collective, Retables, à la Galerie Kaiser en janvier 2016, qui lui a permis de se faire connaître. Grâce à cela, il a pu obtenir un atelier au sein du Motoco à Mulhouse. Une opportunité qui lui permis de se construire mais également de vivre enfin de son art. Très vite, il a développé sa notoriété et s’est trouvé sa place dans le milieu. En fin 2016, Joris a rejoint les ateliers du Séchoir, une vitrine différente mais aussi un public plus initié à l’Art Contemporain. Cette expérience de plus qui lui a permis de faire de nombreuses connaissances et lui a ouvert les portes à de nouvelles collaborations.

Fasciné par le trait, Joris a beaucoup travaillé la gravure mais la technique qui s’est révélée être son médium premier c’est le dessin au stylo bille. Une technique qu’il a tellement poussé qu’on pourrait confondre certains dessins avec des photographies. Chose qui lui a valu la fermeture de son compte Facebook (suite à la confusion de certains utilisateurs).

Ses actualités
Depuis, Joris travaille sur de nombreux projets. Parmi eux, un travail très original sur la Burka. Il a dans l’idée de reproduire 1825 fois la même image, soit cinq par jours (nombre de prières musulmanes). Un sujet qui était, il y a peu, au cœur de l’actualité mais qui reste tout de même sensible. Le résultat promet déjà d’être aussi gigantesque que percutant. Dans un tout autre registre, c’est un compte Instagram mystérieux qui a fait son apparition, « pudeur_ francaise ». Derrière ces illustrations débridées on retrouve Joris, qui une fois de plus place la sexualité et l’intimité comme point d’orgue. Au- delà, on retrouve quelques expositions à venir mais aussi et surtout, un projet d’envergure: une installation monumentale autour de la maltraitance et les réactions des victimes face au monde. Une idée qui propulsera le spectateur dans l’intime de la réalité. À cette occasion, un appel à financement a été lancé pour permettre la mise en place de cet équipement. Pour aider Joris à réaliser cette œuvre gigantesque. Rendez- vous sur son lien Ulule !


 

Infos

Lien
  • Lien : https://www.facebook.com/tissotjoris/