Olivier Antoni – Novembre 2022

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Chaque mois, Coze invite un artiste local à réaliser la couverture du magazine. Dans le cadre des Hopl’Awards, le public est amené à voter pour sa couv’ favorite.

La couverture du numéro de novembre 2022 a été réalisée par Olivier Antoni.

Biberonné aux bandes dessinées américaines des années 80, Olivier se rendait chaque mois au bureau de tabac pour récupérer son Strange Magazine. À l’intérieur de ses pages, des comics de Marvel notamment. BDs qui l’ont suivi depuis son enfance et qu’Olivier collectionne encore aujourd’hui. Dans sa collection on retrouve aussi des disques, beaucoup de pochettes de heavy metal mais aussi des cartes postales Iron Maiden. C’est nourri de toutes ces images qu’Olivier dessine depuis petit. Et des dessins, il y en a un certain nombre puisque sa pratique est plus que prolifique.

De l’histoire de l’art au tatouage

Olivier fait des études dans le domaine de l’art et plus particulièrement en arts plastiques et histoire de l’art. Avec un intérêt certain pour les arts classiques et contemporains. Après quelques expériences en tant que rédacteur culturel il se retrouve sur le tard à se plonger dans l’univers du tatouage.

Originaire de Strasbourg, Olivier quitte l’Alsace lors de voyages ponctuels qui servent à assouvir ses passions. Très jeune il part pour Angoulême pour son festival de bande dessinée ou encore à Montréal pour une convention de tatouage. À l’époque, sans les réseaux actuels, pour découvrir des arts et rencontrer des personnes, il fallait se déplacer. Le tatouage était aussi un milieu plus confidentiel, mais en allant directement à la rencontre des personnes lors des événements, tout était alors très accessible. Il était facile de se retrouver à échanger puis finalement à aller au restaurant ou boire un verre avec la crème des tatoueurs européens et américains.

À Strasbourg, Olivier se faisait tatouer par Reynald du studio Asphalt Jungle à Ostwald qui connaissait ses dessins. Reynald accepte de le prendre comme apprenti et durant 4 ans, Olivier apprend à ses côtés. À ce moment-là pour devenir tatoueur, on ne pouvait pas se procurer de machines comme aujourd’hui. Il fallait qu’un tatoueur la commande pour son apprenti et se porte en quelque sorte garant. Le matériel était aussi plus complexe, du soudage des aiguilles, au nettoyage, plus compliqué mais très formateur et cela a sans nul doute apporté une certaine rigueur à Olivier.

Après ces années très formatrices, Olivier décide de poser ses valises au centre-ville de Strasbourg, rue des écrivains. Il ouvre un atelier galerie avec Jaek El Diablo. Ils y organisent des expositions entre tatouages et graffitis. Après quelques années il s’installe dans son salon actuel, situé au 6 rue des Veaux. Au départ à deux puis aujourd’hui seul. Olivier cherche à s’ouvrir à de nouvelles perspectives, notamment sur un volet événementiel autour de l’invitation de guests, mais aussi pourquoi pas à des rencontres – apéros. Il cherche aussi à développer la partie flash de son travail.  Une affaire à suivre de près !

Du crayon à l’aiguille

La pratique d’Olivier est foisonnante. Toujours un carnet de dessin à proximité de lui, il dessine plusieurs heures par jour, et souvent aussi la nuit. Curieux, il se nourrit de nombreuses images, entre BD, illustrations et Histoire de l’art, souvent sur plusieurs projets en cours, entre dessin pour des futurs tatouages ou dessins pour lui.

« Mon travail change et évolue, j’ai des phases. Aujourd’hui je fais ça, mais j’espère que dans 5 ans je ferai autre chose ! »

Olivier nous confie que le confinement a pour lui été une période assez géniale qui lui a permis de faire le point sur tous ses projets et de se mettre à fond dans le dessin. À la mine, à l’aquarelle ou à l’acrylique. Les peintures sont principalement des étapes de recherches mais nourrissent aussi sa pratique du dessin, l’un et l’autre se répondent. Ses travaux sont souvent en noir et blanc. Même s’il apprécie la couleur, celle-ci lui apparait comme plus risquée. Trop de couleurs apporte trop d’informations et peuvent aussi amener un manque d’élégance au projet final.

Aujourd’hui sa palette est plus que variée et s’épanouit d’inspirations allant des arts déco avec des formes florales aux motifs biomécaniques. Les ombres sont parfois travaillées comme des pétales vaporeux à la manière des nébuleuses fumées des images d’Hans Bellmer. Le point d’orgue de ses travaux et sans nul doute l’attention portée aux détails. On retrouve dans ses dessins une minutie travaillée, notamment sur les ombres et contrastes, véritables fondations des dessins. Des détails bien présents si l’on y prête l’œil mais qui ne submergent pas le rendu final. Pour Olivier, dans le tatouage, il faut certes du détail, mais avec parcimonie : les bons détails au bon endroit. Il faut qu’à 5 mètres le dessin soit efficace et lisible mais qu’en approchant le regard on remarque l’importance de ces détails.

« Je dessine de plus en plus, pour l’instant je suis content car j’y prends toujours autant de plaisir et ça ne se tarit pas. J’ai toujours beaucoup de projets en cours. »

Olivier dessine donc pour lui, il adapte et propose certaines de ses illustrations au tatouage mais il travaille aussi à la demande. Du petit au gros projet, l’important est d’avancer ensemble, d’échanger, de se poser les bonnes questions pour aller au-delà des images que l’on voit partout. Curieux de tout, Olivier fait aussi partie d’un groupe de musique : The Man and the Abyss qui va prochainement sortir un album, il écrit aussi, notamment des nouvelles de science-fiction et aimerait, pour ses vieux jours, ouvrir un club privé ! Un joyeux programme !

Questions du TAC au TAC

Ton endroit culturel préféré en Alsace ? La maison Bleue
Où boire un verre ? Les Haras
Ta musique du moment ? Impossible à dire !
Ton remède contre la morosité hivernale ? de la musique, à manger et des Bds
Ton film favori ? Mon top 4 : Le 1er Rocky, Un Singe en hiver, Le bon, la brute et le truand et Blade Runner

La couv’ vue par l’artiste

« J’ai été pendant longtemps un nerd du tattoo… Aujourd’hui, avec les applis, internet ou les nouveaux outils dont les « artistes » usent et abusent, tout a tendance à s’uniformiser. J’essaie donc de retourner régulièrement aux bases, ici c’est une illustration inspirée de Shodo Kawarazaki (1889-1973) »



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